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mauvaisesnouvelles
Description du blog :
Bonjour et bienvenue sur mon nouveau blog littéraire. Je vais continuer ici ma série de nouvelles qui, je l espere, vous plairont. N'hesitez pas à ecouter les petits intermedes musicaux proposés en fin d'articles. Oubliez votre télévision un moment, fermez la porte à double tour, et entrez donc dans le monde de ces personnages qui peuplent ces mauvaises nouvelles. Bonne lecture. Travis
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Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
01.04.2008
Dernière mise à jour :
25.06.2008
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Kids

Kids

Posté le 01.04.2008 par mauvaisesnouvelles



KIDS


Denis aimait bien les histoires.
Il en racontait souvent à sa sœur.
Mais ce soir-là, les histoires allaient devenir réalité.
Denis avait un flingue.
Il a ouvert la bouche, il a mis le canon à l’intérieur, et il a dit :
« Tu connais celle du mec qui en a tellement marre de vivre qu’il est prêt a s’allumer le cerveau devant sa propre sœur ? »
Non elle lui a dit.
Jen avait 12 ans.
Mais elle n’a jamais oublié son geste.
Rien n’efface la perte d’un ètre cher.

J’ai gardé tes photos elle lui a dit.
« Merci, lui a dit Denis. Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
Jen ne comprit pas tout de suite.
Elle se demandait pourquoi son frère avait cet air dubitatif.
Pourquoi ne serait-elle pas « là » ? C’était chez elle. C’était son frère.
Je crois que tu es fatigué elle lui a dit.
On est lundi. J’ai fini l’école elle a dit..
Alors Denis a répondu : « Si tu es là, c’est que tout est fini.
Il n’y a pas d’école au purgatoire. »
Ouais. C’est ça.
Le purgatoire. Et pourquoi pas l’enfer tant qu’on y est ?
« Pas encore. On verra bien. La suite au prochain épisode. »
Denis a regardé tendrement Jen, puis il a dit :
« C’est pas ton heure ptite sœur.
Ne fais pas les mêmes conneries que moi.
Ranges ton flingue. »

Jen se réveilla en sueur.
Le réveil affichait 4h07.
Elle lança un regard rapide autour d’elle, pour vérifier que tout était encore là.
Son miroir en forme de coeur, sa table basse avec son journal intime, ses posters de Kurt Cobain…
Sa bonne vieille chambre au papier peint délavé.
Elle n’avait pas quitté ce bas monde. Elle n’avait pas revu Denis depuis qu’il s’était explosé la cervelle.
Encore une fois. Encore une nuit. Toujours le même cauchemar…

Jen décida d’aller en cours. C’était peut-être pénible parfois, mais fallait bien se motiver pour obtenir son foutu brevet.
3 années s’étaient écoulées depuis le suicide de Denis.
Jen tentait de mener une vie à peu près « normale », du haut de ses 15 ans.
Denis en avait 19 quand il avait commis l’irréparable.
Plus que 4 ans se disait Jen. Plus que 4 ans et je saurais enfin si je dépasserai la date limite de péremption.
Est-ce que la majorité menait à la dépression ?
Des milliers de questions se bousculaient dans la tète de Jen.
Des milliers de questions sans réponses.
Comment son frère avait sombré dans l’alcool et la drogue. Comment il avait petit à petit quitté ce monde, sans que personne ne s’en aperçoive réellement.
Ou sans que personne ne veuille s’en apercevoir.
Denis était devenu solitaire.
Jen redoutait plus que tout la solitude.
Depuis ce jour fatal, elle ne voulait plus jamais être seule.

Tom arriva au lycée en retard, comme tous les jours.
La clope au bec, il se traînait lamentablement, marchant sur son baggy bien trop grand pour sa petite taille.
Son bouc naissant le démangeait, mais il tenait à l’entretenir, quitte à se couper avec le rasoir de son père.
La cloche sonna. Ce devait être la fin de la première heure.
Tom sourit. Il y a quelques années, il aurait paniqué, mais maintenant, il s’en foutait royalement.
Il allait inventer une excuse quelconque, et la prof de français n’en croirait probablement pas un mot, mais elle l’accueillerait dans son cours comme tous les jours.
Tom savait que dans tous les cas, c’est lui qui remporterait le conflit.
L’école était obligatoire, et il aurait fallu un motif sérieux pour le virer.
Il avait déjà fait des siennes, mais rien d’irrécupérable.
En passant devant les toilettes mal entretenues, Tom se remémora le jour ou il avait lâché 3 boules puantes pendant le cours de biologie.
Tout le monde était plié en quatre. La prof lui avait collé deux heures de retenue.
Comme d’habitude, Tom avait réagi par un haussement d’épaules.
Etait-ce censé être une punition ?
Plus il passait de temps à l’école, moins il en passait chez lui.
Tom avait beau partir largement en avance chaque matin, il était toujours en retard.
Et s’il ne traînait pas en retenue, à passer le temps en roulant ses joints avec son shit bon marché, il vagabondait dans son quartier, cherchant une occupation quelconque pour tromper l’ennui.
Non. Tom ne voulait pas rentrer chez lui.
Mais il savait bien que tôt ou tard,il y serait bien obligé…

La seconde heure de français commença.
Tom se plaça au fond, ne cherchant même pas à s’excuser de son absence.
La prof ne fit pas attention à lui.
Il se tourna vers Shane, et murmura :
« Hé mec c’est quoi le plan pour ce soir ? »
Shane le regarda d’un air mi-amusé mi-consterné.
« Mais putain ça fait 5 soirs de suite qu’on bouge… tu veux pas faire une pause ?
Rentres chez toi… mates un porno… »
« Connard. »
Tom regarda le plafond. Il se demanda s’il allait arriver à planter son crayon s’il le lançait à cette distance.
En y repensant, sa mère était bien parvenue à planter son couteau dans le tableau du salon en le lançant de la cuisine.

« T’es qu’un pauvre type…Ne t’approches pas de moi »
La mère de Tom fixait son père de façon presque inquiétante.
Quelque part, c’était une sorte de soulagement pour Tom, même si ces paroles n’étaient pas très tendres : cela devait faire au moins 15 jours que sa mère ne s’était pas adressé directement à son père.
D’habitude, il avait droit à du « Tom, tu diras à ton père que… » et suivait bien entendu le « Tu répondras à ta **** de mère », son père étant assez imaginatif en terme d’insultes.
Tom avait fini par se demander si ses parents avaient encore conscience qu’ils vivaient sous le même toit.
On aurait dit deux fantômes qui cohabitaient et se côtoyaient sans même s’en apercevoir.
Quand ils désiraient communiquer, ils s’adressaient à un intermédiaire, en l’occurrence lui.
Ce rôle ne lui plaisait pas du tout, mais il était bien malgré lui obligé de l’accepter.
« Ne t’avises pas de me parler sur ce ton » avait répondu son père
Le couteau de sa mère était planté dans le cadre du salon représentant une biche entourée de ses petits faons.
Cette image de quiétude familiale faisait un peu tache aujourd’hui.
Tom se dit une nouvelle fois qu’il était temps de décamper, maintenant qu’il avait l’assurance que sa mère reconnaissait toujours son père.
Ce soir-là, il avait regagné sa chambre, allumé sa sono et ouvert un bouquin histoire de se changer les idées.
Est-ce que sa mère allait faire un nouveau tour de lanceur de couteaux ? Avait-elle volontairement raté sa cible ?
Il ne préférait pas le savoir.
Le disque de Slipknot couvrait difficilement le fond sonore constitué des cris de ses parents qui continuaient inlassablement de « s’envoyer des fleurs ».
Tom mit le volume à fond.
Il ferma les yeux et essaya de penser de toutes ses forces qu’il était ailleurs.

Carol ouvrit les yeux.
7h30 : il était temps de se préparer pour aller en cours.
Tout juste le temps de prendre une douche, un petit déjeuner léger, et bien sur, réciter son psaume du matin.
Son père veillait au grain.
C’était comme si elle percevait son ombre au dessus de sa tète lorsqu ‘elle priait.
Elle aurait du percevoir aussi celle de Dieu.
Mais ça n’était pas le cas.
Carol n’était pas croyante pour un sou. Elle avait cessé de croire le jour ou Denis s’était logé une balle dans la tète alors qu’elle l’aimait en secret.
Son journal intime portait encore les traces de ce pénible deuil.
Carol y inscrivait aussi ses visites fréquentes à la paroisse du quartier.
Ses confessions au père Michel.
Elle se gardait bien de lui confier ses pensées de luxure.
Elle avait beau être majeure depuis bientôt 6 mois, ses parents ne voulaient pas en entendre parler.
Le sexe avant le mariage était péché disaient-ils.
Avaient-ils raison ou tort, là n’était pas la question. Elle se devait de respecter cette règle, sinon elle savait qu’elle pourrait être bannie de la maison familiale du jour au lendemain.
Son père aurait été capable de lui couper les vivres pour un simple flirt.
Et si Denis était encore en vie… S’il avait vécu suffisamment longtemps pour pouvoir « franchir la ligne » avec elle…
Alors peut-être que Carol aurait commis le péché. Peut-être qu’elle lui aurait demandé de l’emmener, de fuir loin de cette petite ville bien tranquille.
Vers un éden illusoire. Un endroit ou le vice et le péché seraient monnaie courante.
« Qu’est-ce que tu marmonnes ? » fit son père.
Bien sur. Les termes éden et vice ne pouvaient cohabiter.
Comment pouvait-elle encore se surprendre à penser tout haut ?

Carol franchit le seuil de sa maison.
Elle vérifia le contenu de son sac : ses bouquins de philo, son agenda, son porte-monnaie Winny l’Ourson et… la Bible.
Ce bouquin volumineux que son père s’empressait de glisser dans ses affaires dès lors qu’elle oubliait de l’emmener avec elle.
Forcément, il y avait le catéchisme juste après les cours.
Comment aurait-elle pu comprendre la parole de Dieu sans son ouvrage de référence ?
Carol avait déjà lu plusieurs fois la Bible. Son père l’interrogeait parfois dessus.
Putain se dit-elle. J’ai pas assez de conneries à apprendre à l’école.
Il faut en plus que je me tape les évangiles.
Une jeunesse entière consacrée à apprendre des choses inutiles.

Carol continuait d’avancer, la tète dans les nuages.
Tandis qu’elle rêvait d’un départ précipité, d’un monde sans Dieu ni théorème de Pythagore, elle vit soudain une personne qui lui rappelait des souvenirs bien trop douloureux.
La sœur de Denis, vêtue de son habituelle robe noire, marchait d’un pas décidé vers l’école.
Elles se croisèrent. Jen leva à peine les yeux.
Depuis la mort de Denis, elles n’avaient plus beaucoup de contact toutes les deux.
Jen faisait dans le gothique, tandis que Carol se devait de porter une tenue « convenable pour une jeune fille de son age ».
Et son père n’appréciait que modérément qu’elle fréquente ces « satanés païens ».
Pourtant, Carol éprouvait une forte empathie à l’égard de Jen. Elles auraient pu se rapprocher suite à leur deuil commun. Mais ça n’était pas le cas.
Ce qui détruit le monde ce n’est pas la communication avait-elle lu quelque part.
C’est le manque de communication.
Pourquoi n’apprenait-on pas ça à l’école ?

Oui pourquoi, se dit Tom.
Pourquoi ses parents avaient-ils abandonné l’idée même d’une discussion sereine quant à leurs problèmes de couple ?
Il se disait parfois que le monde, au sens technologique du terme, avait beau évoluer en permanence, ça n’était pas le cas des êtres humains.
Le monde évoluait trop vite pour ces créatures basiques.
Le monde avançait, et les êtres humains régressaient.
La communication avait beau se développer, téléphones sans fil, ordinateurs portables, Internet haut débit…à quoi bon ?
Les gens ne se parlaient même plus.
Tom n’avait que 16 ans. Ses parents en avaient plus du double.
Pourquoi avait-il parfois la sensation que c’était lui le seul adulte à la maison ?

Le cours de biologie venait de débuter, mais Tom était loin, très loin, perdu dans ses pensées.
Les mammifères marins vivent en symbiose avec la nature elle a dit, ou un truc dans le genre.
Rien à foutre.
Tom n’avait qu’une envie : grimper sur les toits pour crier sa colère à la face du monde.
Tu sais, cette espèce de boule que tu as au fond de l’estomac, qui te donne envie de vomir mais tu te retiens parce que tu veux continuer à donner bonne impression.
« Le monde entier s’écroule autour de moi, mais je continue de sourire. »
Cette sensation déplaisait terriblement à Tom. C’était comme s’il s’autocensurait.
Comme s’il voulait sauver les apparences, contrairement à ses parents qui avaient abandonné l’idée il y a bien longtemps.
Il aurait voulu tout lâcher, tout foutre en l’air, dire ce qu’il avait sur le cœur et mettre un terme à cette rancœur qui le rongeait de l’intérieur.
Mais c’était plus fort que lui : il n’y parvenait pas.
Alors il continuait à jouer le jeu : aller à l’école tous les jours, faire semblant de s’intéresser à ces cours soporifiques, et rentrer chez lui le soir pour assister à la troisième guerre mondiale.
Sourire. Répondre « ouais » quand on te demande comment ça va. Répondre « comment ca ? » quand on te demande si quelque chose ne va pas.
Sauver les apparences. Encore et toujours.
Tom se dit que s’il avait eu un peu plus de courage, un peu plus de corones dans le calbut, alors oui il serait monté sur le toit, alors il aurait dit merde à ses parents, arrêtez vos conneries.
C’était l’age sans doute. Peut-être apprendrait-il vraiment avec le temps ce que c’était d’être aigri. Tout comme ses parents.
En attendant, il se contentait de laisser faire les choses.
La fin de l’adolescence… y’aurait-il un vrai changement ?

Les changements, Jen n’y croyait plus vraiment. Tout du moins les changements positifs.
Elle sortit de son cours de maths, ou elle n’avait rien compris une fois de plus.
C’était l’heure de la « récré » : le moment venu pour se défouler, foot pour les garçons, cancans pour les filles… quel schéma pathétique mais pourtant si réaliste…
Tandis que Mark et Shaine jouaient aux durs près de la cafet’, que Tom marmonnait dans son coin en roulant son pétard, Sandra et Kim riaient à gorge déployée, qui de Steve ou de Mike avait la plus grosse…paire de colliers en argent.
C’était la mode. Il fallait jouer au gangster pour plaire aux « girls ».
Jen se fichait de tout cela, du moins c’est ce qu’elle voulait se faire croire.
En réalité, cela l’exaspérait : cette dictature de la mode la rendait quasi-hystérique, surtout quand elle contemplait ces petites pétasses en train de comparer la marque de leur string.
Putain avait-elle envie de leur dire… dans quel monde vivez-vous ?
Ces nanas dépensaient leur peu d’argent de poche dans des fringues de marque et autres accessoires de luxe. C’était semble-t-il la condition sine qua non pour être acceptée dans ce monde si cruel.
Et la personnalité n’était qu’en option. Comme la radio quand on te vend la voiture neuve.
Se mettre en avant. Afficher son appartenance.
Jen essayait tant que possible de se détourner de cela. Elle avait adopté la tenue de gothique en signe de protestation. Comme pour militer contre ce fascisme ambiant qui imposait aux jeunes filles de porter du Prada ou du Gucci.
Mais elle savait qu’elle-même ne pouvait échapper au fait d’être cataloguée.
Elle avait envie de dire merde à toutes ces petites connes qui la critiquaient sur sa tenue, qui lui racontaient qu’on leur avait dit que Marilyn Manson sacrifiait des poussins vivants sur scène et qu’ensuite il les mangeait.
Elle avait envie de leur rétorquer que leurs soucis de fashion-attitude, leur putain d’apparence, tout ça c’était des problèmes merdiques qu’elles se créaient de toutes pièces.
« Vous vous plaignez tout le temps de tout et de n’importe quoi. Vous n’êtes jamais heureuses, jamais satisfaites. Vous vivez dans un monde de surconsommation qui vous bouffe le cerveau. »
Oui, Jen aurait voulu leur dire tout ça. Elle aurait voulu leur signifier que porter une sous-marque, être ringard, ça n’était absolument rien comparé au fait de perdre son frère et de devoir vivre avec cette putain de culpabilité toute sa vie.
Mais Jen se taisait.
Jen n’était qu’une gamine paumée parmi tant d’autres.
Et elle en était parfaitement consciente.

« Ca n’est pas bien… pas bien du tout… tu en es consciente Carol ? »
Le père Michel lui faisait face. On ne fait pas la grimace à un vieux singe il lui avait dit.
Ou un truc dans le genre.
Carol était arrivée en retard au catéchisme, et surtout, surtout, elle avait les yeux bizarrement rouges.
Elle ne put nier bien longtemps son méfait : avant de venir, elle avait rencontré Tom sur le chemin qui lui avait laissé tirer sur son joint.
Le père Michel s’en était évidemment rendu compte.
Et voila qu’elle se faisait sermonner par ce vieux puceau gras du bide.
Ah ça oui se dit-elle, tu es bien gras mon ami. Ton église est bien belle. Mais expliques moi une chose, pourquoi y a t il encore des vagabonds qui crèvent la dalle devant la maison de Dieu tandis que tu te pavanes dans ta belle robe de soie cousue main ?
« Carol…Tu m’écoutes ? »
Non. Carol n’écoutait plus. Elle avait décidé de ne plus écouter ce vieil hypocrite, ce type qui avait décidé de consacré sa vie à une cause qui lui était étrangère.
Carol en avait assez de se voir imposer ses opinions religieuses par ses parents.
Il était temps de se rebeller.
Il était temps de dire merde à toute cette supercherie grotesque.
« Carol !! Carol !! »
« Ou…oui…père Michel. »
Du vent. Ce qui se passait dans sa tète était si éloigné de ce qui se passerait en réalité.
Carol le savait. Elle se faisait juste des films, encore une fois.
Elle acquiesça quand le père Michel lui dit qu’il allait en aviser ses parents, qu’elle serait certainement punie de sortie et qu’elle irait au purgatoire si elle continuait à déconner.

« Il n’y a pas d’école au purgatoire » avait dit Denis
Non, c’est vrai se dit Jen. Alors c’est peut-être pour ça qu’il est parti.
Parce qu’il n’y a plus rien après.
Plus rien à supporter, plus rien à endurer.
Plus de préjugés, plus de racisme, plus de guerre dans le monde.
C’est moche la vie se dit Jen.
Tom n’en pensait pas moins.
Croisant Jen, il se gratta le bouc, récupérant une petite boulette de shit.
Il lui fit signe. Elle acquiesça.
Ils marchèrent ensemble, quand Carol se pointa, l’air dépité.
« Rejoins nous » fit Tom
C’est la marche silencieuse des désabusés de la vie pensa-il tout haut.
Si jeunes et déjà si blasés.
C’est usant la vie se dit Carol.
Ils continuèrent encore quelques mètres et puis… il était temps de rentrer.
Finie la journée aux secondes qui durent des minutes, aux minutes qui durent des heures.
Bienvenue dans le quotidien.
Et ça recommence demain.
C’est vraiment nul la vie se dit Tom.
Tu te souviendras de cette nuit dans 20 ans maman ? Tu te souviendras de ce moment presque banal pour toi, ou tu as dit, comme si tu décidais de quitter le restaurant parce que le menu ne te plait plus, que tu quittais la maison ? C’est ça mes vacances. Chouette. J’en garderai un putain de souvenir.
Et toi Denis ? fit Jen. Tu en penses quoi ? Je dois vraiment ranger mon flingue ? Ou continuer à subir quotidiennement les railleries de ces petits trous du cul qui me servent de camarades de classe ?
Ah quoi bon fit Carol.
Un jour nous serons ce qu’ils appellent des « adultes ».
Et alors nous aurons oublié tous nos rêves et tous nos illusions.
Peut-être accepterons-nous notre condition avec un peu plus de philosophie.
….
Ou peut-être pas.

C’est douloureux la vie fit Tom.
C’est cruel la vie fit Jen.















……………..C’est la vie fit Carol.



FIN
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