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mauvaisesnouvelles
Description du blog :
Bonjour et bienvenue sur mon nouveau blog littéraire. Je vais continuer ici ma série de nouvelles qui, je l espere, vous plairont. N'hesitez pas à ecouter les petits intermedes musicaux proposés en fin d'articles. Oubliez votre télévision un moment, fermez la porte à double tour, et entrez donc dans le monde de ces personnages qui peuplent ces mauvaises nouvelles. Bonne lecture. Travis
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Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
01.04.2008
Dernière mise à jour :
25.06.2008
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Dancefloor

Dancefloor

Posté le 01.04.2008 par mauvaisesnouvelles
Bienvenue dans un autre monde...
Entrez donc dans l'univers artificiel, celui qui brille de mille feux.
Ils ne s'eteignent jamais... ils illuminent le ciel, les étoiles, ils éclairent la piste et masquent les imperfections...
C'est un monde si différent.
Un microcosme à lui seul.
Des individus de part et d'autre.
Une musique qui semble ne jamais devoir s'arréter…
Tu ressens les vibrations au plus profond de toi. Tu sais que ce soir-là, tu te sens bien.
Le son penetre tes oreilles, et tes yeux sont éblouis par tant de beauté.
Tu croises de somptueuses créatures.
Tu as l'incroyable sensation , pendant quelques heures, d'ètre le seul, l'unique.
Le roi du monde.
L'alcool coule à flots.Vodka,gin,téquila.....Champagne!
Il y a tout ce que tu désires à ma table. Je suis entouré d'un cortège qui me venere et m'idolatre.
Je suis celui que l'on remarque, que l'on n'oublie pas.
Et si tu mérites mon attention, je saurai me montrer conciliant à ton égard.
.....
Alors bienvenue dans cet eden qui est le mien.
Prends place.

Nicolas vint s’assoir à mes cotés. Sacré Nico.
Il pensait qu’il avait le look, il croyait que d’un simple sourire, il pouvait toutes les faire tomber.
Mais Nicolas fantasmait sa vie, il y croyait dur comme fer quand il disait « je fourre à n’en plus finir »
Je le laissais deviser. Je savais que c’était faux : peut-ètre meme Nicolas etait-il puceau.
Ca n’etait qu’une grande gueule comme on en croisait beaucoup dans ce genre d’endroits.
Mais je l’avais laissé venir jusqu’ici, parce que sa fragilité me touchait.
Il me rapellait ma modeste personne quand j’étais bien jeune, bien qu’a l’epoque je portais deja des fringues de marque et pas ce genre d’immondes chemises froissées, démodées depuis deja fort longtemps.
Il fallait que je te guide Nico. Que je t’enseigne la vraie, la seule facon d’ètre un clubber.
-J’adore cette chanson. Frankie goes to San Francisco, un truc comme ca ?
Frankie goes to Hollywood ; Nicolas devait ètre gay.
Rien qu’à voir sa facon de tenir les verres, j’aurais du m’en douter.
-Ouais c’est ca. Ramènes donc une autre bouteille tu veux.
L’avantage, avec ce genre de gosses, c’est qu’ils vous obeissent au doigt et à l’œil tant qu’ils pensent pouvoir obtenir qqch de vous.
Ce sont tous les mèmes.
Ils me mangent dans la main parce que je suis le roi de la nuit.
Et ca…ca…ca m’excite au plus au plus haut point.
Tu ne peux pas saisir le sens de ma vie sans ètre a ma place.

[Voila… le rideau est tombé.
Je suis seul ce soir.
Pas ce genre de solitude dont on se réjouit, dont on se dit « enfin »
« Enfin seul »
Non, ce n’est pas ca. Je crois que j’aime ètre entouré.
Mais à quoi bon ? Je ne sais pas communiquer avec les gens
Je crois que je n’ai jamais su.]

-Nico je lui ai dit
-Oui ?
-Je… je n’ai plus soif


Dancefloor


23h… Le Bloody Mary venait tout juste d’ouvrir ses portes.
Les gens commencaient à affluer.
Les videurs maintenaient artificiellement la queue, alors qu’il n’y avait encore personne dans la boite.
Cette vieille technique m’avait toujours exaspéré quand j’étais jeune, mais maintenant que je faisais partie du carré VIP, j’en rigolais doucement.
Et pour cause : j’étais l’organisateur de cette soirée.
La White Night.
15 000 flyers distribués ca et la.
Environ 5000 personnes attendues, sinon plus.
Une putain de grosse soirée comme je les aimais…
J’étais venu avec ma bande habituelle.
Il y avait Sarah, Jen, Laurent et Quentin.
Sarah était une vraie nymphomane : je la retrouvai chaque soir au bras d’un bel inconnu, mais elle ne cotoyait que les VIP, ou plutot devrais-je dire…les VVIP, ceux qui ne sortaient jamais sans leur golden card. J’avais très vite repéré son manège et avais décidé d’en faire mon alliée plutot qu’une conquète d’un soir.
Jen quant à elle preferait boire : jamais je n’avais vu une fille aussi bien encaisser l’alcool.
Elle finissait generalement la soirée écroulée près de moi, et il nous arrivait de discuter pendant des heures de choses futiles, riant à gorge déployée.
Laurent était un photographe en vue. Il shootait les plus belles créatures que ce monde ait connu, et en profitait bien sur pour parfois conclure avec certains de ses modèles.
Il avait un putain de sale caractère, mais je le cotoyais parce que… vous voyez pourquoi…
Quentin quant à lui, était le plus « sage » de la bande. Il bossait dans une revue people avec Jen, et ne manquait pas une soirée afin de rester dans le coup.
Mais la danse c’était pas trop son truc. Le champagne non plus. Alors il s’asseyait le plus souvent à regarder les autres bouger, et il nous arrivait d’échanger quelques paroles.
Sans doute était-il le plus cultivé de la bande, mais c’était aussi celui dont j’étais le moins proche… y avait-il un rapport de cause à effet ?
Le genre de questions auxquelles je prefere ne pas répondre…

1h plus tard, le Bloody Mary était bondé.
Comme je l’avais prévu, les jeunes branchés avaient fait le déplacement.
Et tandis qu’ils stressaient à la vue du videur, 2m20 pour 120 kilos, aussi commode qu’un gardien de prison, je me réjouissais de leur sourire béat quand ils franchissaient les portes tout en se délastant d’une vingtaine d’euros.
Voila un phenomène qui me fascinera toujours : les gens désirent plus que tout claquer leur pognon ici…
Ce n’est pas comme au resto ou tu regardes le menu et s’il ne te plait pas, tu dégages.
Ici, tu paies avant de consommer.
Bien sur, en tant que consommateur lambda, c’est ce que l’on pourrait qualifier de foutage de gueule…
Mais j’ai franchi le cap.
… J’ai dépassé ce stade depuis longtemps.
Très tot déjà, j’ai su que je voulais faire partie de l’élite de la nuit.
Mes jeunes années de clubbing n’allaient me servir qu’à faire le « tour des lieux »,
afin d’en apprendre un peu plus sur les ficelles du métier.
Je désirais plus que tout atteindre enfin le fameux carré magique, celui qui surplombe la piste.
Vous ne faites plus partie du « petit peuple ».
Vous ètes des « personnes très importantes »
Vous ètes…

-Putain Jen ! Tu m’as vomi dessus ! Tu le fais exprès !?
Laurent venait de jaillir tel un diable hors de sa boite. Sa chemise Calvin Klein était maculée de gerbe…
-Sacrée Jen, t’es plus aussi résistante qu’il y a qq années, fit Quentin
-Non c’est juste que… j aurais du éviter ce mélange…ca me réussit p…beuhhh
-Oh bon sang, pas encore !!!
Laurent partit aux toilettes,furieux,tandis que Quentin était plié en deux.
-Quel phénomène !
-Jen , tu devrais peut-ètre essayer une fois, je dis bien une seule fois, de ne pas boire en soirée je lui ai dit
Jen s’est retournée vers moi et m’a dit en guise de conclusion, le visage blème :
-La sobriété c’est chiant !

Elle avait peut-ètre raison après tout.
Pourquoi se priver quand on avait les moyens de s’éclater au champagne tous les soirs ?
J’en commandai une autre
-Ta préférée ma puce… bon ca vient ?
Je m’impatientais.
Claquais des doigts.
Le serveur finit par arriver avec ma bouteille, la moue boudeuse.
Navrant.
Je n’aime pas les gens qui ne sourient pas en soirée.
Tout le monde est sensé etre heureux, non ? Ou bien tout cela n’a plus aucun sens.
-Voila votre…
-C’est quoi cette merde ? Tu t’es encore planté, espèce de demeuré !
Il a hésité. Savait-il qui j’étais ? Risquait-il sa place s’il contestait mes injonctions ?
Quelques secondes se sont écoulées… je l’ai rapellé à l’ordre.
-Tu t’es endormi ducon ? Amenes ce que je t’ai demandé.
Nouvel instant d’hésitation.
Il a sérré son poing…
Puis a fini par lacher : bien monsieur…

J’ai pensé : à quoi bon etre aimable quand on est beau, jeune et friqué ?
Inutile de s’encombrer de manières.

Il a pensé : je mérite mieux que ce job de merde.
Je mérite mieux que de me faire insulter par un type plein aux as.
Il a pensé tout ca, certainement. Mais il n’a pas réagi en conséquence.
Je savais que je le retrouverais tous les autres soires de la semaine, fidèle au poste.
J’en avais ma claque de ces gamins sans ambition.
S’ils voulaient ètre à ma place, ils n’avaient qu’à s’en donner les moyens.
Je m’étais voué corps et ame à devenir celui que je suis aujourd’hui.
J’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir.
Et j’avais réussi.
Alors ne viens pas me chier dans les bottes.
Si je suis ou je suis, et si tu es ou tu es, ce n’est qu’une putain de question de volonté
Il y a des gagnants, et il y aura toujours des perdants.
J’ai choisi mon camp.
-Voila… j’ai trouvé une Ralph Lauren, cela fera l’affaire… Ou sont passés Jen et Sarah ?
Laurent exhibait fierement sa tenue de rechange.
Cette petite déconvenue n’allait certes pas lui gacher sa soirée.
Un vrai clubber sait toujours donner le change.
-Sarah est allée danser avec le grand black qui la chauffait depuis tout à l’heure…
Quant à Jen elle doit encore cirer le parquet des toilettes avec ses collants à l’heure qu’il est.
-On ne change pas les bonnes habitudes ! s’est exclamé Quentin.
Bonnes ou mauvaises…il avait raison ceci dit.
Toutes nos virées nocturnes se terminaient de la même facon.
Mais nous avions fini par y prendre gout.
La monotonie inherente à ce genre de soirées ne nous dérangeait même plus.
C’était devenu notre vie.
Notre vie telle que nous l’avions souhaitée.
Pourquoi cracher dans la soupe ?
Mais je sentais pourtant… tout au fond de moi…quelque chose n’allait pas.
-C’est le dernier David Guetta ? J’y vais les gars, j’adore cette chanson.
Laurent partit en flèche, sans même nous attendre.
Il savait bien que Quentin n’aimait pas danser. Mais moi, il ne m’avait même pas attendu.
La simple vue d’une gazelle avec de jolies formes suffisait à détourner Laurent de tout et n’importe quoi, même d’un tremblement de terre.
Avais-je du ressentiment envers lui ?
Après tout, pourquoi en avoir ? Malgré son brushing parfait et son succès auprès de ces dames, ma situation professionnelle restait tout de même largement plus enviable que celle d’un petit photographe de stars, quelle que soit sa notoriété.
Laurent ne se souciait que de la gloire et du sexe.
Tant mieux pour lui. J’avais les 2, en quantité égale voire supèrieure, mais j’avais le pouvoir en plus.
Et rien ne valait le pouvoir.
Pas même la plus formidable partie de jambes en l’air que vous puissez imaginer.

Tandis que je philosophais, Sarah dominait le carré VIP ; elle avait pris place sur le plus haut podium et se trémoussait comme à son habitude.
Le grand black n’avait pas fait long feu : il avait été relegué au rang des spectateurs.
Vu son standing et son physique irréprochable, Sarah pouvait se permettre d’ètre hyper-selective.
Cela ne l’empechait pas de trouver, chaquer fois qu’elle en avait envie, un male tout disposé à partager sa couche. Dans le lot , il y en avait toujours forcément un qui remplissait plus ou moins ses critères.
Mis à part les qualités plastiques, Sarah se fiait à d’autres « vertus » telles que le look, la facon de danser et … la facilité à sortir des billets verts de sa poche arrière.
Un jeune ephebe qui aurait pris des cours de danse avec Enrique Iglesias ne saurait obtenir ses faveurs s’il n’avait pas de quoi se payer un joli bolide et un loft classieux avec vue sur les champs élysées.
Les autres… eh bien ils n’avaient que leurs yeux pour pleurer.
Cette frustration devait sans doute combler Sarah, qui n’aimait rien de plus au monde que de se faire désirer.
Avec elle, les hommes n’étaient plus des chasseurs, mais de simples proies.
Et lorqu’elle avait trouvé le pigeon idéal, il passait à la casserole, et surtout, il n’avait pas intérêt à lui faire le coup des croissants le lendemain matin.
La règle était la suivante : ne pas s’eterniser.
A quoi bon garder contact, puisque Sarah ne désirait que des aventures à court terme.
Elle voulait , selon ses propres termes , « croquer la vie à pleines dents »
Certains jaloux n’hésitaient pas à la traiter de « salope » : quelle ignoble hypocrisie…
Jamais l’on ne me fera croire qu’un homme refuserait du sexe pour sexe.
Il ne s’agit là que d’un relent d’orgueil, une pointe de fierté mise en avant par quelques puceaux ou vieux pervers incapables de séduire une jeune demoiselle avenante, voire meme de s’en approcher.
Et ces pauvres types de reprocher à ces jolies filles de prendre du bon temps.

-Jen, le retour ! J’espere que tu as filé un gros pourboire à la dame-pipi !
Quentin regardait Jen avec un sourire plein de tendresse, comme un père regarderait sa fille.
Nous avions tout pris l’habitude de voir Jen dans cet état, la mine déconfite, les traits cernés.
Quentin était en quelque sorte son chaperon. Il ne lui interdisait jamais de boire ( aurait-il pu seulement ?...) mais il s’autorisait quelques remarques ironiques sur son comportement.
Surtout, il était là quand elle n’avait plus la force de se trainer jusqu’à son appartement.
Il lui apellait un taxi ou parfois même la raccompagnait directement chez elle.
C’était sans doute le plus humain de la bande, et surtout le plus désintéréssé : la seule fois ou Laurent avait proposé de ramener Jen, il n’avait pas hésité à lui proposer un « dernier verre » !
Je crois sincèrement que j’appréciais trainer avec ce type parce qu’il était en quelque sorte ma bonne conscience : je me disais que malgré mes excès, je n’étais pas entouré que de névrosés, sociopathes, allumeuses ou vautours morts de faim…
-Déconnes pas Quentin… j’suis vraiment mal…
A la surprise générale, elle disait vrai : Jen n’allait vraiment pas bien.
Notre chère amie habituée des soirées alcoolisés à outrance affichait une mine vraiment lamentable : elle était si blanche qu’on aurait dit que Dracula lui-même l’avait pris sous son joug.
Laurent était revenu, sa gazelle l’ayant délaissé. Il n’eut pas le temps de demander ce qui se passait que dèja, Jen s’effondrait dans ses bras, livide.

5h30…Le Bloody Mary venait tout juste de fermer ses portes.
Les clients avaient paisiblement regagné leur logis, certains passablement éméchés.
Pas Jen.
Nous avions du la conduire à l’hopital.
Quentin était resté auprès d’elle, tandis que Laurent tentait de contacter ses proches.
Quant à moi, j’étais retourné dans mon appartement, trop occupé à me ronger les sangs.
J’étais dépassé par la situation.
Il n’y avait hélas pas grand-chose à faire, si ce n’est patienter.
A priori son état était stationnaire. Jen avait fait un coma éthylique.
Je me répétais qu’elle allait s’en remettre, comme à chaque fois, mais cette fois-ci, je ne parvenais pas à y croire.
…J’avais l’impression qu’une page avait été tournée…
Nous n’avions pas retrouvé Sarah. Elle était sans doute en train de se faire sauter par un bel étalon friqué tandis que son amie était entre la vie et la mort.
Voilà ou tout cela nous avait menés. Je me retrouvais seul face au miroir de ma salle de bains. Et étrangement, l’image qu’il me renvoyait ne me plaisait pas du tout.
Le roi de la nuit que j’étais était redevenu le loser que j’essayais de camoufler.
Pas de véritables amis à qui confier son chagrin, pas de relation stable avec qui je pourrais partager ces moments de solitude.

Non ! tu n’as pas le droit de parler ainsi ! Tu es le prince de la capitale !
Claques des doigts et tes moindres souhaits seront réalisés !
Mon propre reflet s’adressait à moi, et la voix du clubber résonnait à nouveau.
Mais j’en avais assez de l’entendre.
La voix de la raison cherchait à faire son trou…
Ton amie est à l’hosto à cause de ses, de vos excès…
Tu voues ton existence à t’amuser, sans jamais rien prendre au sérieux.
Tu n’es utile pour personne, et une fois le soleil venu, personne ne pense à toi.
Tais- toi !!! Ce… Ce n’est pas vrai…
(Et pourtant si…)

Tu réalises enfin ? Que ta vie n’est qu’un artifice…
Je…Je voulais seulement…
Une part de rève.
On y a tous droit.
Moi plus que tous ; j’ai mérité tout ce qui m’arrive.
Et ainsi tu mérites ce qu’il t’arrive aujourd’hui.
Ce…n’est pas juste.
Tout ce que je voulais…
…ètre différent.

Mais tu as réussi Jimmy Boy.
Tu y es parvenu.
Tu es différent des autres :
TU ES
BIEN PIRE QU’EUX



FIN

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